Montedidio

Erri DE LUCA

  • Langue : Français Éditeur : Gallimard (17 janvier 2002)
  • Collection : Du monde entier
  • Format : Broché - 206 pages
  • ISBN : 2070762688
  • Dimensions (en cm) : 2 x 14 x 21

Il est une colline sur les hauteurs de Naples qui domine une partie de la cité : Montedidio. Un quartier populaire partagé de ruelles étroites, décor de son récit initiatique. Le narrateur a tout juste treize ans quand il quitte l'école pour entrer chez Mast'Errico, comme apprenti menuisier. C'est une maigre paie qui s'ajoute le samedi dans cette humble famille de dockers. Dans cette même boutique de menuiserie travaille don Rafaniello, un vieil homme juif bossu, cordonnier exceptionnel, rejeté sur les rives napolitaines dans la tourmente de la dernière guerre. En même temps que le narrateur vit son premier amour avec la jeune Maria, sa voisine, se noue une amitié forte avec le cordonnier. Montedidio est ainsi constitué de tableaux successifs, de coups de projecteur sur un quotidien émaillé d'expressions et de traditions napolitaines. Et c'est justement dans ce quotidien, entre la boutique, le rabot, le lancer de boomerang, les premiers émois sexuels et les discours du vieux sage, dans les creux de ces épisodes parfois anodins, que le narrateur fait l'épreuve de la vie, de la vie et de la mort.

Quatrième de couverture «Chacun de nous vit avec un ange, c'est ce qu'il dit, et les anges ne voyagent pas, si tu pars, tu le perds, tu dois en rencontrer un autre. Celui qu'il trouve à Naples est un ange lent, il ne vole pas, il va à pied: \"Tu ne peux pas t'en aller à Jérusalem\", lui dit-il aussitôt. Et que dois-je attendre, demande Rafaniello. \"Cher Rav Daniel, lui répond l'ange qui connaît son vrai nom, tu iras à Jérusalem avec tes ailes. Moi je vais à pied même si je suis un ange et toi tu iras jusqu'au mur occidental de la ville sainte avec une paire d'ailes fortes, comme celles du vautour.\" Et qui me les donnera, insiste Rafaniello. \"Tu les as déjà, lui dit celui-ci, elles sont dans l'étui de ta bosse.\" Rafaniello est triste de ne pas partir, heureux de sa bosse jusqu'ici un sac d'os et de pommes de terre sur le dos, impossible à décharger : ce sont des ailes, ce sont des ailes, me raconte-t-il en baissant de plus en plus la voix et les taches de rousseur remuent autour de ses yeux verts fixés en haut sur la grande fenêtre.»

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Ajouté il y a 16 ans par Calamity - Dernière édition il y a 16 ans